1 –Avant de bondir

1.1-Organisation de la page | 1.2-Bases [ 1.21-Environnement 1.22-Matériel 1.23-technique 1.24-les 10 commandements ]

1.1- L’organisation de cette page.

J'ai choisi de vous présenter cette page comme un rapport. Tout en permettant une lecture séquentielle traditionnelle, le sommaire vous permet d'adresser, par un simple click, chaque chapitre ou paragraphe de la page sur un sujet particulier. Vous pouvez aussi décider, par une commande de votre navigateur, de capturer la page pour l'exploiter hors connexion. Comme je pense ne pas pouvoir tout dire dans un premier élan, le numéro de version et la date de la dernière mise à jour figurent en tête de page. 'De Vous à Moi' les mails d'Internet vont nous permettre de débattre et d'échanger, peut-être aussi parfois, de résoudre un problème ponctuel qui se pose à vous.

1.2- Les bases de la démarche.

Mon but n'est pas de vous présenter une nouvelle méthode de dressage. Il existe sur le sujet de nombreux ouvrages de qualité, livres ou vidéos. Je suppose aussi que les ordres de base nécessaires à la conduite d'un chien d'arrêt vous sont connus, nous y reviendrons tout de même. C'est dans la manière de mettre en œuvre tout l'arsenal théorique que je pense pouvoir aider, et surtout rencontrer sur le net, les amateurs qui veulent éduquer et dresser correctement leur compagnon.

Ma démarche s'inspire des principes utilisés en équitation. Vous avez peut-être eu l'occasion de voir un cheval au pré se mettre au passage spontanément, c'est magnifique. Le passage est cette allure noble ou le cheval, encolure tendue, tête relevée, la queue flamboyante, lève très haut ses antérieurs et ses postérieurs dans une danse syncopée majestueuse. Le travail de l'écuyer sera de conduire son élève à reproduire cette allure naturelle à l'ordre, sous la contrainte.

Il n'est pas possible de faire un champion de n'importe quel chiot. J'adhère tout à fait à la formule du président du Club du Setter Anglais, Jean Marie Pilard ; 'Un chien, c'est 50% de qualité naturelle et 50% de dressage'. Ainsi en Afrique du Sud tous les trous creusés ne produisent pas de diamant. Pour avoir cette chance, il faut des connaissances en géologie, pour les chiens c'est en généalogie. Dans la sélection du chiot, qui correspond à vos objectifs, vous devez tenir compte de la lignée. Le patrimoine génétique se transmet et vous retrouverez, immanquablement, les qualités et les défauts des ascendants. Les éleveurs, qui connaissent bien une lignée, identifient chez un chiot de six à sept mois, les caractères du génotype et du phénotype de la lignée d'origine.

Mon objectif est d'obtenir un chien dressé à deux ans. Je trouve que les traités de dressage ne situent pas assez l'enseignement dans le temps, selon l'âge de l'élève. J'ai pris l'habitude de décomposer mon travail en trois phases :

- la socialisation – éducation jusqu’à 6-7 mois,

- le débourrage de 7 mois à 15 mois,

- le dressage de 15 mois à 2 ans.

Donc voilà les trois 'bonds' essentiels à franchir successivement. Comme éleveur et présentateur, j'aborde la préparation de mes chiens de la naissance à l'âge adulte (you begin training a pup the minute he opens his eyes). Le dressage de chiens d'âge est une activité de professionnels dont je ne saurais parler. Il faut savoir ce qu'un setter peut faire à un âge donné, et un enseignement qui cherche à éviter tout traumatisme doit se faire dans la durée, et demande une réelle disponibilité de l'éducateur. Outre ce temps disponible d'autres conditions, relatives à l'environnement en particulier, sont requises pour obtenir un résultat satisfaisant au bout de ces deux années.

Des points de contrôle me sont nécessaires pendant cette période. Ainsi à la fin de chaque bond je dresse un bilan, une évaluation de mon élève sous deux aspects : l'évolution de ses qualités naturelles et l'avancement de son dressage. Pour ce faire je n'hésite pas à solliciter l'avis d'amis compétents et de professionnels du chien à l'occasion. Je leur présente le chien sur le terrain et je note leurs observations, que je regroupe et que je confronte à mon jugement. Cette humilité précoce évite des lendemains douloureux.
Le succès au TAN, qui se déroule tous les ans au début de l'été, est un résultat concret, sans doute modeste, mais attribué par des juges officiels du club. La sélection pour les demi-finales de la Coupe de France sur perdrix du CSA est couplée au TAN. Il va sans dire qu'une sélection rehausse la qualité de l'élève.

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1.21- L’environnement.

Avec le temps libre, d'autres conditions matérielles vont contribuer favorablement au développement de notre compagnon. Je pense que si vous avez un intérêt pour les setters, un milieu rural qui vous est familier doit être exploitable à proximité.

Pour vous permettre de vous situer je vais vous donner, les points positifs que j'identifie dans mon cas. Ici à l'extrême pointe du Finistère, à Plouider ou je réside précisément, je bénéficie de conditions que j'ai pu mettre en place dans le temps. Je suis à la campagne et les aboiements éventuels ne dérangent que moi. J'ai aménagé un chenil confortable pour dix chiens, un parc pour les chiots sevrés, une pelouse (rustique) pour les exercices de base, l'autorisation des agriculteurs voisins de faire courir mes chiens. La rivière de la Flèche à deux champs de la maison et enfin les grandes plages de sable de Keremma à trois kilomètres.

J'invite chacun d'entre-vous à faire le bilan de ses ressources : parc de loisirs, aérodrome, champs de courses de chevaux, mare, étang, que sais-je ? J'estime l'espace comme le facteur le plus important. Il vous faut disposer d'un espace ouvert. Vous ne dresserez jamais un jeune setter dans un bois noir. !

Le dernier élément important de mon environnement est que je dispose de pigeons voyageurs. J'ai une licence de colombophile, bien que la législation récente dans le domaine permette d'en disposer plus simplement. Le pigeon est le moyen le plus simple pour un amateur de pousser très loin le dressage technique, disons qu'il permet de faire 80 % du travail. Nous verrons aussi comment faire le reste…

1.22- Le matériel.

La laisse et le sifflet permettent déjà de travailler beaucoup, néanmoins d’autres matériels ont leur utilité. Je vous donne mon point de vue sur chacun.

La laisse : J'utilise le type dit 'laisse de dresseur' qui évite d'avoir un collier. Elle est de manipulation facile

Le sifflet : Le sifflet à roulette est le seul que j'utilise. Il faut choisir un modèle qui vous permette un coup de sifflet très long. J'ai eu des modèles où le souffle se perdait et qui ne permettaient pas de produire un ordre techniquement correct.

Le cordeau : J'emploie deux types de cordeaux. Le premier du style 'check cord' des dresseurs américains est une corde de huit mètres environ que j'achète dans les magasins pour voile de plaisance. Mon deuxième cordeau est un bout de fil téléphonique de trois à quatre mètres. Son avantage est qu'il ne prend pas l'eau, alors qu'il va souvent traîner par terre.

La banane : Je stocke les friandises dans une banane. Avec ses multiples compartiments elle permet de ranger un tas de petites choses. J'ai remarqué que lors du nettoyage du chenil je suis amené à me baisser, la banane avec moi, et les chiens sentent les bonnes odeurs de leur maître…

Le lance-pierre : Si enfant vous en avez fabriqué je vous invite à vous y remettre, en prévoyant une poche de cuir qui permette d'y placer quelques graviers d'allée. A défaut vous trouverez en magasin divers modèles qui peuvent convenir.

Les apportables : Ils sont nécessaires pour le dressage au rapport. Je vous livrerai mon arsenal quand nous aborderons le sujet. Je pense que cet aspect fera l'objet d'une page spéciale.

La boîte d’envol : Je suis pour l'utilisation d'outils modernes. Celle que j'utilise est de fabrication artisanale. Il se trouve qu'un ami setterman a un fils électronicien de formation, le premier a réalisé la mécanique, le second l'électronique.

Le collier électronique : L'inconvénient est qu'il coûte relativement cher pour une utilisation limitée. Nous en avons acheté un entre trois amis. Nous nous trouvons bien de cette formule, et du modèle que nous avons choisi.

La table : La table près du chenil est bien pratique pour la toilette des chiens, un examen détaillé ou pour des soins. Les chiens s'y plaisent, voyez Mutin sur la page d'accueil.

Il est confortable d'avoir de bons outils à sa disposition, mais l'essentiel du résultat sera obtenu par le travail et là, la laisse et le sifflet, à eux seuls, peuvent vous mener loin.

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1.23- Les bases techniques.

Très jeune, c'est à dire vers 14 ans, dans les années 50, j'ai lu et relu le livre de Jean Castaing et mon mentor d'alors, dentiste du pays, qui n'en n'avait pas le temps, me chargeait d'entretenir le dressage d'une chienne pointer 'Gina du Pont Goury' qu'il présentait dans les fields de la région. D'autres ouvrages ont suivi, l'abbé Godard, puis des livres anglais, américains, canadiens. Le contact de conducteurs compétents et l'observation attentive, jusque dans le détail, de dresseurs professionnels en action, m'a été profitable aussi. Au fil du temps, de la réflexion, au contact de mes élèves, de leurs réponses à mes stimulis, ma technique évolue. Tout ce qui va suivre fera référence à l'un des aspects d'une alliance tripartite fondée sur : le point de contact, l'association, la répétition.

1.23.1- Le point de contact.

Le premier point de contact, et celui utilisé le plus largement, est le cou du chien où, par l'intermédiaire de la laisse, vous communiquez votre présence. Au terme du dressage c'est la voix, et le sifflet, qui seront le point de contact final.
J'utilise d'autres points de contact avec le chien. Un petite tape sur le sommet du crâne qui veut dire 'Allez'. Autre point de contact, quand le chiot est jeune et connaît l'ordre 'Attends', il sait qu'il doit se mettre en position dès que vous marquez un arrêt. Si il ne s'exécute pas, du pied je frappe le postérieur d'un petit coup sec. Cette manière de faire me sert parfois sur le gibier pour bloquer un coulé trop rapide, le chien se mettra au down.

1.23.2- L’association.

Il est évident que les bonnes associations, qui répétées évoquent des souvenirs heureux à notre compagnon, lui développent la mémoire et donc l'exécution positive de l'action recherchée. Pourquoi pensez-vous que d'une saison à l'autre, votre chien va explorer les endroits où il a trouvé des bécasses dans le passé ? Il faut utiliser cette disposition et enchaîner éventuellement divers exercices dans le but recherché.

1.23.3- La répétition.

Il est facile de faire exécuter un ordre dans son séjour, ceci ne présume pas de sa bonne exécution en toutes circonstances. La répétition, c'est surtout de bien faire exécuter un commandement dans des situations et des lieux divers, tout en observant une progression dans la difficulté de l'exercice.

1.24- Les dix commandements et les autres.

Les ordres à enseigner à un chien ne sont pas nombreux et Amador de Busnel dans son livre ‘FILOU APPORTE’ en propose dix : (je cite)

1 – Viens ( pas, viens ici, qui peut se confondre avec ‘assis’)

2 – Assis

3 – Down (Bien prononcer ‘daoune’ pour éviter toute confusion avec ‘donne’)

4 – Derrière

5 – Allez

6 – Apporte

7 – Donne

8 – Cherche

9 – Non (qui est un terme de la vie courante avec votre chien, et que vous employez chaque fois qu’il fait quelque chose que vous ne voulez pas qu’il fasse).

10 – Doucement (même emploi courant que 9 dans de multiples circonstances).

Je suis en accord avec cette liste avec une option personnelle qui me fait préférer l'ordre 'Attends' à 'Assis' ce qui évite la confusion signalée en 1, et de plus me paraît plus logique. Au lieu de 'doucement'(10) j'utilise plus facilement le 'chut' ou plus justement 'chuuuuut', qui permet de moduler l'intensité du ralenti souhaité, et qui de plus est adapté à de nombreuses situations.

Je vais aussi allonger la liste précédente de 3 items :

11 – Saute : A chaque fois que le chien saute en voiture, je renforce par cet ordre. Par la répétition l'ordre est assimilé. Plus tard à la chasse, au bois, cet ordre accompagné d'un geste du bras indiquant la direction, commandera au chien de sauter un fossé, de rentrer dans le taillis.

12 – Assure : le chien étant à l'arrêt cet ordre lui demande de couler, (voir Garde).

13 – Garde : C'est l'ordre de patronner ou plus exactement pour le chien, de prendre une position d'arrêt parce qu'un autre chien, qu'il ne voit pas nécessairement est à l'arrêt, cliquez ici pour en savoir plus.

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